Observatoire de Flamants roses
Abu Dhabi

Création d'un équipement culturel, Architecture Écologique

The Al Wathba Reserve, située à quelques dizaines de kilomètres au Sud Est d’Abu Dhabi est un site précieux et fragile abritant de merveilleuses populations d’animaux sauvages dont le flamant rose, la plus spectaculaire et un rare écosystème. 

Afin de préserver au mieux ce site unique, le projet qui fait la connexion entre l’homme et la nature, doit être vécu comme un temple.

Un temple au travers duquel le visiteur fait l’expérience d’un parcours initiatique, une réflexion, un instant de profonde spiritualité, une invitation à être plus attentif à la nature. 

Le projet est une liaison entre nous, les hommes, le monde dans lequel nous vivons et la nature, alliant tradition et technologie, le projet utilise des techniques constructives anciennes et la haute technologie afin d’être autonome en énergie, écologique et économique dans son exploitation. 

La préservation de l’environnement est notre premier objectif. 


Au moyen de 220 structures verticales autonomes (que nous appellerons des flegs) nous donnons au visiteur une sensation unique. La traversée du projet est une expérience. Durant cette déambulation, les usagers croisent les différents pôles programmatiques : 5 constructions indépendantes. Les gens s’y croisent, échangent, apprennent et se rencontrent avant de ressortir dans la foret de flegs et de partir à la découverte d’un nouveau pôle ou d’une nouvelle perspective. 

La multitude de flegs, comme une foret, trouble l’orientation du visiteur et le remets dans sa condition animale et primitive. 

Au bout de cette balade, la surprise d’un paysage extraordinaire s’offre aux usagers. 



LES FLEGS


Les flegs ont plusieurs fonctions, la première étant de protéger les visiteurs de la vue des animaux, ils observent la vie sauvage sans déranger les différents spécimens, en restant camouflé et invisibles. Cette scénographie invite à l’observation et à la découverte des richesses de la réserve. 

Les flegs sont des moulures de bouteilles plastiques recyclées dont la structure est traversée d’un réseaux électrique récupérant l’énergie produite par les panneaux solaires se trouvant en leur extrémité et d’un réseau d’eau en circuit fermé ( pas de dépense d’eau grâce à sa récupération ). 

- L’eau est acheminée au travers du pied pour être diffusée en brume au niveau du chapeau. Cette brume permet de conserver des températures raisonnables et supportables pour les visiteurs. La superficie de plus de 6,5 m2 des chapeaux de panneaux solaires protège le site et les bâtiments du soleil et de la chaleur. 

- L’électricité fait le chemin inverse, traversant les flegs pour être répartie dans les différents volumes par le sol. Une nappe souterraine relève les enjeux techniques du projet.


LES VOLUMES EN TERRE 


5 Volumes construits en terre sont parsemés dans les flegs, ces volumes autonomes abritent chacun un point du programme, ils sont très rapprochés les uns des autres afin de créer des effets venturi, ces ventilations naturelles sont un système traditionnel économique permettant de réguler la température. 

Les parois de ces volumes sont suffisamment épais pour que l’inertie soit optimale et que la fraicheur reste dans les bâtiments. Les ouvertures de ceux-ci sont traitées avec des moucharabiehs, toujours pour un confort thermique naturel. Des systèmes mécanisés viennent compléter ces dispositifs afin d’assurer un contrôle de la température à l’intérieur des bâtiments. 

Le volume de l’espace d’exposition possède une étage qui n’est pas exploité, offrant le potentiel d’une future extension. Un pôle recherche pourra éventuellement voir le jour. La flexibilité du projet est aussi possible grâce à la configuration du site. Il suffira d’enlever des flegs pour y implanter de nouveaux bâtiments, dans la futur, coté parking. Le projet n’est pas figé, le concept permet l’évolution du projet selon les besoins.



La volumétrie du projet, son implantation : 


Une transition de la ville au milieu naturel et sauvage.

L’implantation du projet, qui occupe l’intégralité du site, a pour objectif de diffuser les constructions, en leur apportant transparence et légèreté. 

Un bâtiment identitaire, identifiable et véritablement emblématique a été souhaité. Les bâtiments, perdus dans une multiplication de flegs, respectent une volumétrie en cohérence avec l’environnement. Sur les extérieurs, ils épousent des contours organiques aux formes naturellement arrondies. Alors qu’a l’intérieur du projet, les formes sont plus humaines, à savoir rigides et droites. Cette dichotomie souligne la distance qui existe aujourd’hui entre l’homme et l’animal et le fait que notre projet refasse le lien entre ces deux mondes. 



La dissociation des flux, la gestion des accès : 


Nous profitons de la déclivité naturelle de la plateforme du site pour intégrer les bâtiments et faire une barrière naturelle entre le projet et la réserve dont les accès doivent être contrôlés et maitrisés.

Le stationnement se trouve au Nord du site.

La dissociation des flux se fait grâce à l’organisation des accès :  

Les accès visiteurs et usagers se font par le coeur du projet

Les accès logistiques et personnel par les extérieurs 

Les accès du personnel soignant vétérinaires et professionnels de la vie sauvage se fait par les extérieurs et depuis les deux pistes de la réserve

Un cheminement réservé aux secours est aménagé afin de boucler le projet 

Les deux pistes qui conduisent à la réserve comportent des contrôles d’accès, ainsi, lorsque ce sera nécessaire, ces passages seront interdits au public. 



Respect de l’environnement & Durabilité 


Le projet se veut responsable d’un point de vue écologique. 

Les matériaux utilisés sont : 

Pour les flegs, la technologie 3D nous permet de réutiliser 232 320 bouteilles en plastique ( soit 96,8 m3 ). L’utilisation de déchets pour ces structures a pour but de faire réfléchir les visiteurs sur l’impact de l’homme sur la nature et sur la nécessité de prendre conscience de la fragilité des milieux naturels. Pour la sauvegarde de la faune et de la flore. 

1430 m2 de panneaux solaires rendent le site complètement autonome en énergie. Ces panneaux se trouvent au sommet des flegs, sur les chapeaux. Ces panneaux servent également à fournir l’ombre nécessaire au confort des bâtiments. 

A ces dispositifs vient s’ajouter la proximité des bâtiments pour maxime les zones d’ombre et la ventilation naturelle. Les moucharabieh nous aident également à tempérer l’ambiance du projet. 

Les constructions en terre respectent la filière courte grâce à l’utilisation des ressources naturelles présentes sur place . Des bâtiments à très fort potentiel thermique et hygrométrique.



Le projet fait le lien entre la tradition et la technologie, entre la nature et l’homme, tout cela dans une parfaite maitrise des contrainte climatiques et du budget. Ce concept donne lieu a un projet emblématique et à forte identité. 

Maître d'ouvrage : Réserve Al Wathba

Lieu : Émirats Arabes Unis

Programme : Création d'un Observatoire de Flamants roses, un musée, un restaurant et des salle de conférences et de formation.